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Repentigny, 26 avril 2010 Pour diffusion immédiate Oser dénoncer… Pour une énième fois, le meurtre d’une femme fait la manchette. Il y a de ça six jours, un homme est soupçonné d’avoir fait une tentative de meurtre sur sa conjointe à Québec. Vendredi matin dernier, nous présumons qu’une femme ait été tuée par son conjoint à Lavaltrie. Cet homicide augmente, de façon déplorable, les statistiques des victimes de violence conjugale. En effet, dans Lanaudière, pour l’année 2008, 830 infractions contre des femmes dans un contexte conjugal ont été commises et en 2007, 11 femmes ont été tuées par un conjoint ou ex-conjoint au Québec. N’est-ce pas assez ? Qu’attendons-nous pour dénoncer haut et fort l’inacceptable? Combien de mères, de filles, de sœurs, de nièces, de cousines, de tantes ou d'amies devront encore mourir avant que nous en ayons assez, que nous prenions des actions afin de faire cesser la violence faite aux femmes ? Non, on ne soupçonne pas, en tant que voisinE, frère, sœur, parent ou amiE que cela peut se produire. En effet, la violence conjugale semble souvent invisible aux yeux de l’entourage, car la propriété même de cette problématique est justement d’être « cachée » et de le rester. Mais pourquoi ne pas agir si nous constatons, nous entendons des bruits, des cris, des injures…? Souvent, les personnes témoins de violence n’osent pas dénoncer, car elles ont peur qu’une dénonciation aux autorités nuise à la femme victime et qu’ainsi sa situation s’aggrave. Peur de représailles, peur pour leur sécurité, d’intervenir, de se mêler des affaires des autres, de s’embarquer dans un processus (judiciaire) duquel ils ne veulent pas…. Les tabous sur la violence conjugale doivent être levés, les mythes démystifiés et les préjugés critiqués, car en fait, une dénonciation à la police aidera en réalité à protéger la femme. Effectivement, il revient à chacunE de dénoncer afin de ne pas contribuer à l’emprise de l’agresseur sur la victime par son silence. Rester silencieux ou silencieuses devant des gestes de violence, c’est être complice de cette violence… La banalisation de la violence conjugale par la société a comme conséquence que les gens, l’entourage ne font pas la différence entre une dispute et un épisode de violence. C’est GRAVE. Donc, ce n’est PAS banal, ce n’est PAS juste des « chicanes » de couples, c’est de la violence. Ce n’est pas un incident, ce n’est pas un pacte de suicide (comme rapporté par les médias), il s’agit d’un meurtre, d’une prise de pouvoir d’un homme sur une femme dans le but de mettre fin à sa vie. Il s’agit donc de contrôle, de domination, de VIOLENCE conjugale. Au nom de toutes les femmes et leurs enfants, brisons le silence qui tue. Restons alertes, vigilantEs et surtout, OSONS questionner et dénoncer. -30- Source : Marie-Hélène Rousseau, Adjointe à la direction Anne-Marie Hétu, Intervenante Tél. : 450-582-600
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